Le Double Six
L ‘œuvre Double Six a été pensée par la commune et l’artiste comme un lieu de pause et de rencontre sur la place du village.
Le square qui porte le nom de l’œuvre a été conçu dans cette même volonté par l’architecte paysagiste Samuel Craquelin.
A travers cette scène sculptée, Cécile Raynal s’est reliée au souvenir de sa visite, dans les années 90, de l’auberge des Vieux Plats.
L’illustre établissement, fondé en 1766, fit la gloire de Gonneville-la-Mallet jusqu’à la fin du 20 ème siècle.
Les jours de marché, l’auberge était pleine de joueurs et joueuses de dominos.
Ce souvenir fût un point de départ. Un point. Tout le reste est fiction. Voici ce qu’en dit la sculptrice :
« Une table. Autour de cette table s’est jouée, ou va se jouer, une partie de double-six.
Quatre personnages sont assis, dont un lièvre. Un lièvre ou une hase.
Un homme, la main posée sur la table, joue. Seul. Le jeu habituellement central des dominos s’est changé sous ses doigts en une ligne régulière de petits parallélépipèdes devenus fous. Une ligne de dominos. Un homme joue et déclenche un effet domino. Peut-être…
En bout de table une va-nu-pieds tricote l’espace de son corps déplié, les bras jetant ses longs doigts étirés, les pieds tendus prêts à bondir. A-t-elle joué la va-nu-pieds ? À quelle incantation se livre-t-elle ? Le double-six discrètement posé sur sa cuisse, a-t-elle gagné ?
Tourné vers l’extérieur de la scène, le lièvre, (ou la hase) fait le lien avec les passant·es. Il brouille les pistes. Il nargue la narration. Il est l’étranger, l’énigme et la clé.
Le troisième personnage de Double-Six ne joue pas, il dessine. Il s’absente…!
Il pourrait écrire aussi. Entre écriture et dessin, gardons l’équivoque du geste.
Et posé au sol, le sac. Quel est ce sac ? »
L’artiste assure que par ce sac de voyage, la vocation première de l’ancienne auberge, à savoir l’hospitalité, se trouve remémorée et honorée.